"La Fausse Promesse de la Technologie" (2ème partie) : pourquoi la plupart des Entreprises se trompent sur la Transformation Digitale .

#Transformation Organisations , #transformation digitale , #Digitalworker , #TheNewRetail , #Rendanheyi


La 1ère partie de cet article, inspiré par "The Technology Fallacy", a été publiée le 22/05/2019 sous le titre "La fausse promesse de la Technologie : pourquoi la plupart des entreprises se trompent sur la transformation numérique.(1ère partie)". A lire impérativement avant cette deuxième partie

"La principale difficulté de l'économie numérique est l'écart grandissant dans les taux de réponses des Particuliers, des Entreprises, et des Institutions aux évolutions de la Technologie". L'image ci-dessous est extraite de "The Technology Fallacy".

Source de l'image: The Technology Fallacy

Voici 3 cas d'adaptation et d'assimilation marqués par des différences culturelles.

1- Aux USA, l’Automatisation Intelligente met l’IA au cœur des Processus Métiers...et trouve un modèle économique.


Tout le monde ne le sait pas encore, mais les robots ne sont plus seulement ces constructions physiques qui transforment les usines et hantent parfois les allées des salons et expositions. Ils entrent en force dans les services administratifs et, parfois, dans le marketing, sous forme de logiciels. Avec, notamment, la rencontre de la RPA (Robotic Process Automation) et de l'IA qui permet de passer ainsi de l'Automatisation des Processus à l'Automatisation des Métiers, et au "Digital Worker". L'un des leaders, Automation Anywhere, est à l’avant-garde du concept de "personas numériques" prêts à l'usage qui associent des capacités cognitives et analytiques axées sur les tâches pour automatiser les tâches répétitives d’un même poste de travail (par exemple, la comptabilité fournisseurs), avec l’ambition de créer ainsi la première place de marché mondiale dédiée aux nouvelles générations de travailleurs.

Pour y parvenir, la société s’inspire des GAFA’s.

Depuis Janvier 2019, il est possible de télécharger -gratuitement- l’application Digital Workers® depuis le Bot Store d'Automation Anywhere , la place de marché en ligne de la société, pour une automatisation prête à l'emploi en plug-and-play, avec la possibilité de les personnaliser en fonction des processus métier. Avec une large bibliothèque de cas d’automatisation qui devrait s’enrichir rapidement grâce à un écosystème - en plein développement - de partenaires commerciaux, d'intégrateurs et de développeurs de systèmes, sur le modèle de l’Apple Store

Comme l’explique Serge Goldstein, en charge des Alliances Stratégiques chez Automation Anywhere : , « Avec le RPA, les fonctionnels refont eux-mêmes les processus ». Quelques exemples :

·        ING installe 400 robots : 200 en production, 200 en création ( un POC regroupe en moyenne 5 à 10 robots)

·        les RH de DELL perdaient de bons candidats en ne répondant pas suffisamment rapidement à leurs questions…ils ont résolu le problème avec la RPA. 

·        En automatisant les formalités administratives portuaires pour ses porte-containers, l’armateur Maerks a pu augmenter sa capacité de chargement de 5% pendant les escales très courtes ;

·        Chez Colas, on scanne les bons de livraison, puis on extrait les données et on vérifie que la livraison est bien conforme au bon de commande.

·        Eiffage robotise l’enregistrement des fournisseurs ;

Il y a dans le monde, selon Serge Goldstein, 10 millions de processus automatisés par la société. L’entreprise compte 3800 entreprises clientes, plus de 500 partenaires, 1400 salariés, plus de 100 000 personnes formées et certifiées…et 1 million de « digital workers », ces petits robots « anges gardiens » qui apprennent un par un toutes sortes de métiers plutôt administratifs et prennent en charge un grand nombre d’opérations qui étaient jusqu’à maintenant exécutées manuellement..

Lire les explications données par Automation Anywhere lors d'une soirée organisée par Ataway en Mars 2019. Pour ceux qui veulent en savoir plus sur la RPA et les "Digital Workers", il faut lire l'excellent dossier de LeMagIT/ Applications et Données (ici)

 

2- En Chine, le "Rendanheyi", un écosystème de 1000 micro-entreprises transforme - de l'intérieur - le groupe Haier en une force globale.

Extraits d'une interview de Zhang Ruimin , le CEO de Haier - et concepteur du "Rendanheyi" - par le Professeur Felipe Monteiro de l'INSEAD.  Publiée sur You Tube le 21 Janvier 2019.

"Le fabricant d'appareils électro-ménager chinois Haier a développé un modèle économique radical , le Rendanheyi, qui , en créant un écosystème de 1000 micro-entreprises transforme le groupe Haier en une force globale." @insead

Quelle est votre définition d'un entrepreneur ?

 "Nous avons 1000 micro-entreprises « entrepreneuriales ». La définition la plus simple : "Êtes-vous capable d’aller de 0 à 1 plutôt que de 1 à N, ce qui veut dire que vous pouvez créer un nouveau marché, un nouveau secteur sur le marché, plutôt que de répéter ce qu’a fait quelqu’un d’autre ?." Parce qu’innover, c’est répondre à de nouveaux besoins, créer de nouvelles opportunités, et de nouveaux marchés, plutôt que de réaliser une croissance incrémentale de l’existant. Nous voulons capter de nouvelles opportunités et nous pensons que le plus grand enseignement concerne la manière d’adresser les nouveaux besoins du marché.

 

Comment pensez-vous que l’on puisse enseigner et encourager l’entrepreneuriat ?

Sur la base de mon expérience, enseigner et « nourrir » l’entrepreneuriat est très difficile. Ce que l’on peut faire, c’est mettre en place un mécanisme qui fait que c’est l’utilisateur qui vous force à innover, au lieu que cette contrainte vienne du management, parce que ça, c’est franchement impossible.

Par exemple, l’innovation produit doit être fondée par une évaluation par l’utilisateur final. Si ça n’est pas jugé innovant, si ça n’obtient pas une note élevée ou des commentaires positifs, alors il est impossible de faire le lancement.

Nous sommes à l’heure d’Internet et de l’Internet des Objets, et un appareil domestique est désormais un appareil en réseau qui devient une solution répondant aux besoins du style de vie des utilisateurs.

Donc, tout part de l’utilisateur, et si l’utilisateur n’est pas satisfait de vos produits, vous avez échoué. Je ne pense pas que l’on puisse apprendre ou être formé à ce type d’entrepreneuriat.

Dans un article de HBR du Décembre 2018, The End of Bureaucracy, Gary Hamel et Michele Zanini ont analysé les rouages du Rendanheyi. Ils ont identifié 7 leviers qui ont permis la mutation d'une entreprise bureaucratique en un géant mondial hyper-performant. (à lire en cliquant sur le lien ci-dessus)

 

3- En Chine également, l'Alibaba Economy et le "New Retail" veulent, avec le soutien des autorités chinoises, "amener la modernité vers la tradition", la technologie vers le commerce traditionnel et "provincial".

A l'inverse de ce qui se passe chez nous, le terme (anxiogène) d'Intelligence Artificielle est masqué sous celui de "Data & Tech".

Voici la manière dont Daniel Zhang , le CEO d'Alibaba présentait l'Alibaba Economy en 2017. Regardez-bien ce tableau (l'image originale et son adaptation)....1- on comprend. 2- ce n'est pas anxiogène. 3- au contraire, il donne envie de s'adapter.

L'image en vf

Si l'on regarde l'avenir au travers du prisme de l'Intelligence Artificielle, La France, et l'Europe sont coincées entre les USA et la Chine. Si l'on regarde du côté de la Chine (mais aussi de l'Afrique), on trouve de multiples pistes pour "embarquer" les Particuliers, les PME/TPE, les Communautés Locales (notamment les Villes) vers l'Economie en Réseaux qui fera la compétitivité de notre siècle. Tout ceci implique un gros effort de décentralisation au plus près des Clients, Collaborateurs, Citoyens, Adhérents, etc...

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