JDfwExUbt89b6uW6AeNVdGL2TsE.txt

Droit à l’oubli numérique: Retour sur l’atelier « constructif  » de Nathalie Kosciusko-Morizet

Post image for Droit à l’oubli numérique: Retour sur l’atelier « constructif  » de Nathalie Kosciusko-Morizet

by christianrenard1 on 16 novembre 2009

Nathalie Kosciusko-Morizet, la Secrétaire d’Etat à l’Economie Numérique, rassemblait Jeudi 12 Novembre  à Sciences-Po des politiques, des juristes, des représentants des grands sites (Google, Facebook, Microsoft)  et ceux des industries de la communication, pour débattre du « droit à l’oubli numérique » devant une assistance  nombreuse et concernée. Les débats étaient organisés autour de 2 tables rondes : les données collectées à l’insu de l’internaute (cookies, etc…), puis les données communiquées volontairement par l’internaute (réseaux sociaux notamment).

On peut dégager 5 lignes de force de ces débats :

  1. Les partisans de la loi : il faut protéger le consommateur. Deux sénateurs, Anne-Marie Escoffier et Yves Détraigne ont élaboré un projet de  loi. Ils veulent notamment imposer aux éditeurs de sites d’informer l’internaute de manière « claire, accessible et permanente », de l’objectif de la collecte de données le concernant et de la durée de conservation de ces données. Le projet prévoit  également la création d’ un « droit de suppression des données » permettant à tout internaute de demander l’effacement des données le concernant au sein d’une entreprise. Ce droit de suppression s’appliquerait après la collecte des données par l’entreprise. Il se distinguerait donc du « droit d’opposition commerciale », qui permet déjà à toute personne d’interdire la transmission de données le concernant à une entreprise tierce.
  2. Les représentants des Entreprises : Il faut laisser les entreprises faire leur travail de commercialisation, mais dans le respect du consommateur (cf Livre Blanc « Ciblage Publicitaire et Respect du Consommateur »).
  3. Les représentants des Réseaux : « Nous faisons tous actuellement un gros travail pour faciliter l’accès à la gestion des données par l’utilisateur ».
  4. Les  utilisateurs : Internet est un espace de liberté. Chaque internaute doit être libre de choisir ce qu’il fait de ses données…y compris de les retirer.
  5. Les politiques :  Il sera impossible d’interdire efficacement, même au niveau européen. Il faut donc plutôt avertir, prévenir, éduquer, …

Henri Moché, le DG des Pages Jaunes et de Mappy préférait insister sur le terme « innovation » et ne cachait pas sa satisfaction devant les résultats de la réorientation des Pages Jaunes vers le Web. « Nous n’avons même pas besoin de « cookies » : nous créons de la valeur pour le demandeur… qui revient , et pour l’offreur qui nous rémunère ». Ces propos, en décalage,  laissaient entrevoir les effets de l’accélération du Web avec la création, au quotidien,  d’un nouvel écosystème dans lequel les réseaux et medias sociaux  donnent aux Consommateurs, collectivement, des pouvoirs nouveaux : celui de « participer »,  celui de  « préférer », ou de « rejeter »… en temps réel .2-l'entreprise ne maîtrise plus le jeu

Deux  points de vue, donc. Ceux qui regardent la révolution en cours  de l’extérieur, en anthropologistes, et en montrent  d’abord les dangers. C’est le rôle d’organismes comme la CNIL . Les autres, ceux qui sont montés dans le train ,  sont déjà dans un autre monde où tout va très vite , et dont les mots-clés sont « opportunité », « changement », « partage », « collaboration ».

Si le Citoyen a des droits, le Consommateur/ Acteur / Entrepreneur découvre, lui, ses nouveaux pouvoirs.  Et il ne faudrait pas que, pour assurer sa « protection », on vienne limiter ces pouvoirs. « Internet, c’est la transparence, pas la surveillance » (Jean-Marc Manach) .

Alors, pour résumer : « il faut avant tout éduquer,  pas seulement  sur les dangers d’Internet, mais aussi sur les nouvelles  façons de s’informer, d’apprendre, de travailler, de gérer sa santé, de s’occuper de ses proches. C’est « l’alphanetisation »(olyvyer #oubli).

Le choix, judicieux, de ce thème  a donc  permis de confronter les divers points de vue , en faisant largement appel aux technologies du Web social ; avant : chacun pouvait s’inscrire librement à cette journée ouverte à tous ; pendant : le « hashtag » #oubli  permettait des commentaires en direct sur Twitter (malheureusement pas retransmis sur écran) ; après, chacun était  invité à donner son avis.

La Secrétaire d’Etat consolidait ainsi, devant une large représentation des acteurs de l’Internet,  une position pragmatique, fédératrice et  constructive susceptible de créer une dynamique bien au-delà des frontières de l’hexagone : une charte plutôt qu’une législation, et une approche très participative qui pourrait être appliquée dans de nombreux domaines.

Crédit photo : Flickr/ Mobile Barcode/ Podknox

  • Share/Bookmark
blog comments powered by Disqus

Previous post:

Next post: