Voici la traduction-stricte- d’un récent article de Giles Hutchins, le patron des « Solutions Durables » de l’une des grandes SSII européennes , qui a eu un écho important ces dernières semaines. Il nous explique très clairement pourquoi les entreprises…et les organisations de toute nature n’ont qu’une alternative : « Aller dans le mur » ou « Se réinventer…tout de suite. » A lire et à transmettre autour de vous, car il pourrait bien concerner aussi la conduite d’un pays en ces période turbulentes.
Vers l’Entreprise du futur.
(en VO, cliquez ici : Transforming towards the Firm of the Future-)
« Sous l’effet de facteurs économiques, sociaux et environnementaux , le tissu économique est de plus en plus instable. La vitesse du changement augmente , et pour réussir (en affaires), il faut aujourd’hui être agile, créatif, alerte, spontané, et réactif- ce qui contraint souvent à adopter un mode de fonctionnement nouveau. Aujourd’hui, à l’instar des organismes vivants, les entreprises doivent s’organiser pour prospérer dans un environnement en permanente évolution.
Les « Entreprises du Futur » apprennent et s’adaptent. Elles n’ont pas de structures rigides et ne sont pas organisées en silos, ce qui stimule l’apprentissage et l’agilité. Elles ont aussi un fonctionnement « bottom-up », décentralisé, interdépendant, multi-fonctionnel, émergent, avec des unités qui s’auto-organisent, et non plus l’organisation hiérarchique monolithique du 20ème siècle.
En un mot, les modèles d’entreprises et les systèmes de management qui ont rendu tant de services au 20 ème siècle n’ont plus de raison d’être dans un contexte où la dynamique de changement est la nouvelle norme.
Le Professeur Michaël Porter s’adressant il y a quelques mois à une assemblée de leaders économiques à New-York a déclaré : « Les anciens modèles de stratégies d’entreprise et le capitalisme traditionnel sont morts. Le principal changement de paradigme est le passage de la «dégradation » à la « contribution ».
Les organisations qui sauront se débarrasser des modèles anciens et auront le courage d’adopter de nouveaux modèles de fonctionnement tout en faisant face à la pression du quotidien survivront à la crise car elles sauront détecter à temps les bonnes opportunités de ces périodes à forte volatilité.
Les autres, s’accrochant craintivement à des pratiques devenues inadaptées devront lutter pour leur survie.
Il faut pourtant beaucoup de courage pour sortir d’un paradigme si profondément incrusté dans l’état d’esprit du monde des affaires et se transformer tout en faisant face à la pression du court terme.
Dans cette décennie de destruction créative et de reconstruction et jusqu’à 2020, on verra la séparation « du bon grain et de l’ivraie » -d’un côté, les organisations qui « comprennent », s’adaptent et évoluent, de l’autre celles qui disparaîtront ou seront reprises.
Les « Entreprises du Futur » les plus audacieuses ne cherchent ni à contrôler ni à gérer le changement ; elles développent une culture de collaboration permettant de libérer le potentiel créatif de leurs salariés, de leurs partenaires et des communautés qu’elles servent, initiant ainsi des cercles vertueux de collaboration, d’innovation, et de création de valeur pour toutes les parties prenantes. Le résultat ? plus de valeur, de meilleures marges, et plus de bien-être.
Comme le résume succinctement Dawn Vance, Directeur de la Logistique Globale chez Nike :
« Les organisations ont 3 options :
- Aller dans le mur.
- Optimiser et aller dans le mur plus tard.
- Se réinventer (Re-design for resilience) – optimiser les réseaux existants tout en imaginant des innovations disruptives et en développant de nouvelles pratiques collaboratives avec les partenaires. »
C’est la « Réinvention » qui guide la transformation d’une « Entreprise du Passé » vers « l’Entreprise du Futur », celle qui :
- Conduit la transformation à partir d’un Leadership fondé sur des valeurs claires et une responsabilisation des parties prenantes, avec pour catalyseurs la Formation, l’Innovation, l’Inspiration, et la Collaboration.
- Facilite les synergies au sein de l’écosystème de l’entreprise, en s’engageant de manière ouverte et transparente avec de multiples parties prenantes, là où des valeurs communes créent des connexions qui facilitent la mutualisation.
- Utilise la puissance des réseaux sociaux et les media « pull » ; utilise le « crowdsourcing », la co-création, les plateformes de collaboration open-source et le « transparent branding » (NDLT: la maison de verre ) pour se différencier.
- Développe une pensée écologique pour innover et de nouveaux modes opératoires pour générer de la valeur pour toutes les parties prenantes de son éco-système. Un système où les déchets sont ré-utilisés (Waste equals food) et où la nature inspire les gens, les processus, et les produits.
La pression du changement est en augmentation constante. Un certain nombre d’entreprises avancées aux marques bien connues ont déjà commencé ce parcours de transformation – Unilever, Puma, InterfaceFLOR, General Electric, Patagonia, Procter & Gamble, John Lewis Partnership, et Marks & Spencer pour n’en citer que quelques-uns. Certains chefs d’entreprises visionnaires ont entamé les premières étapes de cette transformation, tant pour eux-mêmes que pour leur entreprise.
Il s’agit plus d’un voyage que d’une destination. Pour se transformer en « Entreprise du Futur », il ne suffit pas d’inventer le bon business model et de le mettre en place. Il faut comprendre la culture, l’éthique, et l’environnement qui permettront à l’entreprise, aux individus et aux différentes parties prenantes de mieux s’épanouir, s’adapter, et évoluer. C’est un voyage émergent, un voyage qui encourage la diversité des approches et des résultats, un voyage où il est bon de faire des erreurs, voire d’échouer, parce que cela permet d’apprendre et de se renforcer tout en avançant.