À L’ÈRE DES RÉSEAUX, NOTRE PLANÈTE EST UN VILLAGE GLOBAL.

transparence durable 11 1 12Tribus + Institutions + Marchés + Réseaux.

 

Une fois de plus,la Société se réorganise.  C’est déjà arrivé deux fois : quand nous sommes passés d’une société à dominance orale et tribale à une société « institutionnalisée » et  organisée autour de l’écrit, et lorsque la presse de Gutenberg nous a fait entrer dans le monde de l’Imprimé et des Marchés. Les medias électroniques nous font aujourd’hui passer à une société numérique et en réseau. Cette forme de réseau émergente n’est pas une simple modification des organisations  antérieures en Tribus, Institutions et Marchés, mais une forme nouvelle capable de prendre en compte des sujets sociétaux complexes que les formes antérieures ne pouvaient pas appréhender.(pour approfondir voir  David Ronfeldt).  L’évolution de notre  civilisation ne s’est pas faite de manière linéaire  d’un mode vers un autre, mais  plutôt en construisant sur le mode antérieur et en le transformant, ce qui nous a fait passer des tribus aux institutions et aux marchés, et maintenant aux réseaux. Aujourd’hui, ce sont les Marchés qui dominent, mais les Institutions et lesTribus co-habitent avec eux, sous des formes différentes de celles qu’elles avaient à l’époque  (L’Eglise a été longtemps un modèle d’institution dominante et avant l’invention de l’Ecriture, c’était le cas des Tribus). Bien que nous donnions tous de l’importance à la famille et à nos communautés,  chaque mode apporte de nouveaux facteurs qui influencent les précédents. Par exemple, le tribalisme est bien vivant dans les réseaux sociaux en ligne. Mais ce n’est pas le même que celui qui prévalait il y a plusieurs centaines d’années. Chaque transition a aussi ses aléas. Par exemple, alors que les sociétés tribales pouvaient favoriser le népotisme, les sociétés en réseau peuvent parfois conduire à des tromperies à grande échelle.

 De la  Collaboration à la Coopération.

 

Succédant aux sociétés tribales, les Institutions ont généré des comportements collaboratifs à petite échelle. Par Collaboration, il faut entendre « travailler ensemble à un objectif commun. ». La collaboration est en général un processus hiérarchique qui demande que quelqu’un s’assure que tout  le monde maintient le cap. Plus tard, les Marchés ont permis la collaboration à grande échelle. Dans les Institutions et les Marchés, les règles sont claires et on sait avec qui on travaille (salariés, membres, fournisseurs, partenaires, clients, etc…). La collaboration y est le comportement  optimal. Dans les Réseaux , les relations peuvent changer rapidement. Quelqu’un peut être votre fournisseur ou votre patron un jour et votre client le lendemain. Dans les Réseaux, les comportements  coopératifs sont les mieux adaptés. La Coopération, c’est lorsque des gens partagent librement sans aucune exigence  de réciprocité directe. Les sociétés en réseau et les tribus ont les mêmes besoins de coopération. Ce qui était un lien de parenté dans les tribus est vu comme une connexion ou une affinité dans les Réseaux. Les Tribus s’organisaient autour de la coopération à petite échelle. Les Réseaux permettent la coopération à grande échelle. Les gens qui réussissent dans une société en réseau comprennent que leurs connexions évoluent avec le temps et que partager ouvertement  fait d’eux au sein de ces réseaux  des « nœuds » qui prennent  progressivement de plus en plus de valeur . Dans les Réseaux, la Coopération est simultanément altruiste et égoïste. C’est par la Coopération que le réseau transmet indirectement de la valeur à ses membres. La Coopération adopte un point de vue à long terme, contrairement à la recherche de profit à court terme des Marchés, ou à la vue égoïste des Institutions.

Améliorer. Rendre obsolète. Récupérer. Inverser

 

D’après les 4 lois des medias de Marshall McLuhan, chaque medium 1) améliore le patrimoine humain 2) rend obsolète le medium précédent. 3) remet en selle  un medium beaucoup plus vieux qui était auparavant obsolète, et 4) adopte des propriétés opposées lorsqu’on le pousse à l’extrême. Le medium d’une société en réseau peut être vu comme provoquant  1) une avancée de la société civile 2) une obsolescence des hiérarchies 3) le retour des « fraternités » 4) lorsqu’il est poussé à l’extrême,une inversion et une évolution  vers la tromperie.

Il faut de nouvelles structures.

 

Nous devenons le village global que Mc Luhan avait décrit en 1962. A l’instar d’ un village tribal, certains aspects des comportements humains que nous avons ignorés pendant des siècles reprennent de l’importance  dans l’ère des réseaux:  il n’était pas facile de protéger sa vie privée dans les villages; il en va de même aujourd ‘hui. On ne va pas répéter le passé, mais il y a beaucoup à en apprendre. Nos nouveaux « business models » ne devraient pas se contenter de célébrer ce que nous avons  rendu obsolète. Il faut aussi regarder en arrière ce que nous pouvons récupérer avec profit et, encore plus important, s’assurer que nous éviterons les retournements et leurs dérives. A l’ère des réseaux, pour éviter les tromperies à l’échelle de la Société, il faut une citoyenneté agressivement intelligente et des collaborateurs activement engagés dans le processus de démocratisation engagé par un grand nombre d’entreprises. Ce n’est pas en continuant à collaborer au sein de hiérarchies avec des chasses gardées et autres mécanismes de contrôle que l’on fera fonctionner efficacement une société en réseau. A l’heure des Réseaux, la Collaboration doit évoluer vers la Coopération. C’est par la Coopération que nous pourrons faire face efficacement à la multitude de problèmes complexes qui apparaissent partout. Les structures Tribales, Institutionnelles, et les organisations en Marchés sont inopérantes.

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