La Renaissance des Artisans … en col blanc?

Les nouveaux artisans du Savoir

Ce billet a été publié en anglais le 24 Septembre 2014 sous le titre “Engaging Knowledge Artisans“.

Aujourd’hui, la plupart des organisations s’interrogent sur l’impact des bouleversements technologiques sur la nature du “travail”. Il est d’autant plus difficile d’y voir clair que, dans le contexte actuel de transformations économiques et politiques et de raréfaction des ressources naturelles, tout devient plus  complexe.

Dans le même temps, on assiste à des progrès fulgurants dans toutes les sciences et à leur intersection. Mais « quid » des structures qui régissent la manière dont les gens travaillent collectivement ? Fournir de meilleurs outils et développer des compétences individuelles n’est qu’une partie de la réponse aux nouveaux besoins des espaces de travail numériques.

Promouvoir la Créativité et l’Initiative.

Il faut aussi développer de nouvelles dimensions cognitives pour promouvoir la créativité et l’initiative.Par exemple, le fait de travailler et d’apprendre « à voix haute » sur les réseaux sociaux change de manière significative les flux de connaissance et a une influence sur les structures de pouvoir. Il devient essentiel de « sentir » les tendances. Et tous ceux qui comprennent la dynamique des réseaux exercent leur leadership d’une manière très différente de celle appliquée dans les organisations hiérarchiques.

Structurer le développement des réseaux personnels et organiser les sources d’information.

La « Maitrîse des Connaissances Personnelles » (Personal Knowledge Mastery) est une discipline fondamentale pour travailler efficacement dans des réseaux et communautés numériques,  développer son  savoir faire personnel , et enrichir en continu les bases des connaissances des entreprises.

Domino’s Pizza, l’Université de Bangor, et le National Health Service britannique. sont des adeptes du PKM, ainsi que  des centaines de professionnels du monde entier qui ont participé aux ateliers PKM .

Avec le PKM, on peut structurer plus efficacement  le développement de son réseau et organiser les sources d’information sur lesquelles on pourra s’appuyer en permanence dans toutes les dimensions de la vie quotidienne.

C’est un processus  d’acquisition de connaissances nouvelles , auxquelles on donne ensuite du sens, pour les  partager avec discernement et au bon moment. Dès le début, en appliquant les Bonnes Pratiques du PKM, on passe moins de temps à répondre aux mails ou à trouver les informations, et plus de temps à se concentrer sur la manière de devenir un meilleur « travailleur de la connaissance ». En acquérant progressivement la maîtrise du PKM, on diversifie ses réseaux professionnels « apprenants » qui deviennent plus variés et durables, et les lois de  la sérendipité font que l’on trouve naturellement les personnes et les nouvelles informations que l’on ne cherchait pas.

Maîtriser le nouveau langage des réseaux et communautés numériques.

Fournir de nouveaux outils et enseigner la façon de s’en servir, c’est bien , mais ça ne suffit pas. Il faut maîtriser le nouveau langage des réseaux et communautés numériques. Il faut apprendre à « tisser » ses réseaux naturellement, au quotidien. Il faut prendre l’habitude de partager ses idées avant qu’elles ne soient complètement  formulées. L’un des challenges est de comprendre la différence entre les idées Alpha et les idées Beta, et de déterminer avec qui partager chacune des 2 catégories. Un autre challenge est la pensée critique. Il faut savoir remettre en cause les hypothèses et utiliser son réseau pour faire remonter à la surface les connaissances les plus pointues sur le sujet. Au travail, on n’est plus aujourd’hui un « salarié », mais un artisan de la connaissance, dont la relation avec le savoir est entrepreneuriale, et menée en toute autonomie. Ces artisans sont plus attirés par des organisations aux structures aplaties et aux équipes autonomes.

 Un modèle relationnel “adulte”.

La plupart des organisations se contentent pour l’instant de « jouer » avec ces nouvelles technologies numériques, sans mettre en place les supports pour les artisans de la connaissance. Mais tous ces niveaux hiérarchiques et ces processus de contrôle, fondés sur un manque de confiance systématique, seront rapidement submergés par la complexité qui en résulte dans une économie hyper-connectée.

Il faut d’abord établir les principes fondamentaux du travail de la connaissance. Un modèle relationnel d’adulte à adulte, comme celui de la « wirearchy » en est un bon exemple : « un flux dynamique et à double sens de pouvoir et d’autorité, fondé sur le Savoir, la Confiance, la Crédibilité, et un “Focus” sur les résultats, grâce à l’interconnexion des personnes et aussi celle des technologies. »

Et si les Managers devenaient des  Artisans du Savoir?

Les environnements complexes sont la nouvelle norme.Il  est essentiel de développer son relationnel, car pour avancer dans le  savoir complexe, il faut partager.. et ça prend du temps de partager le savoir implicite, alors il faut réserver du temps pour donner du sens, réfléchir, et converser. Tout cela représente un changement significatif de la manière de travailler , mais ça peut être maîtrisé avec un socle stable de « PKM » pratiqué par des artisans de la connaissance interdépendants et autonomes. Quand tout le monde est engagé dans la quête de sens, toute l’organisation peut beaucoup mieux sentir où elle doit se diriger.

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